La Lettre de la Gestion sous Mandat

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Environnement économique mondial

À la mi-juin, la signature d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran et la réouverture (même partielle) du détroit d’Ormuz ont provoqué une nette détente sur les cours du pétrole et sur les marchés de taux.

Ceci a favorisé un rebond des actions européennes, les plus pénalisées par le conflit. Après des gains importants suite à l’envolée de certaines valeurs de l’écosystème IA, les marchés américains et asiatiques semblent être entrés dans une phase de consolidation.

Face aux pressions inflationnistes, les principales banques centrales ont ajusté leurs politiques monétaires. En Europe, la Banque Centrale Européenne (BCE) a agi en relevant ses taux directeurs. Aux États-Unis, la Réserve Fédérale (Fed) a en revanche opté pour un statu quo lors de la première réunion présidée par Kevin Warsh. La Fed a toutefois réaffirmé que sa priorité reste la lutte contre une inflation élevée et n’exclut pas de devoir, à son tour, décider d’une remontée des taux.

États-Unis : Dans une économie résiliente, la nette hausse des prix pourrait contraindre la Réserve Fédérale (Fed) à réorienter sa politique monétaire

Boostée par les investissements dans l’IA et par une consommation qui résiste, l’activité économique demeure robuste. Loin de l'objectif de 2 %, l’inflation est persistante et en nette progression. Dans ce contexte, la Fed pourrait être contrainte de remonter ses taux dans les prochains mois.

L’économie américaine conserve une dynamique cyclique favorable avec des indices d’activité qui restent en zone d’expansion et une nouvelle estimation du PIB du 1er trimestre 2026 qui confirme une croissance de + 2,1%.
L’activité reste cependant à deux vitesses avec des investissements massifs dans l'IA qui stimulent les secteurs technologiques tandis que la production industrielle est freinée par la flambée des prix de l’énergie.
Le marché du travail reste résilient avec un taux de chômage stable à 4,3%, un niveau historiquement bas, et une reprise des créations d’emplois hors secteur de la santé.
Le niveau de l’inflation reste très éloigné de l'objectif de la Réserve Fédérale. En effet, l’indice des prix à la consommation s'établit à 4,1% tandis que l’inflation hors énergie et alimentation (dite core PCE) est à 3,4%.
Dans ce contexte, la Fed a maintenu ses taux directeurs inchangés, mais les marchés ouvrent désormais la porte à un resserrement monétaire dès la rentrée.

Zone euro : La Banque Centrale Européenne aux manettes afin de lutter contre une inflation trop élevée

La pression inflationniste entrainée par le choc énergétique a conduit la Banque Centrale Européenne (BCE) à remonter ses taux directeurs, une première depuis trois ans. Par ailleurs, la BCE a revu ses prévisions d’inflation (à la hausse) et de croissance (à la hausse, mais en excluant un scénario récessif) pour l’année 2026. 

Bien que les indicateurs d’activité de juin témoignent d'une économie résiliente, le PIB du 1er trimestre a été révisé à la baisse, à - 0,2% (au lieu de + 0,1%).
Malgré une croissance atone et face aux pressions inflationnistes alimentées par le conflit en Iran, la BCE a relevé le 11 juin ses taux directeurs de 2% à 2,25%. Elle a également revu ses prévisions, anticipant une inflation plus forte (à 3% pour 2026) et une croissance plus faible (+ 0,8 % contre + 1,2%), en raison de la répercussion de la hausse des prix de l'énergie sur le reste de l'économie. Pour l'heure, contrairement à 2022, aucun effet de second tour (boucle prix-salaires) n'est observé.
La forte baisse des prix de l'énergie mi-juin a entraîné un ralentissement de l'inflation plus marqué que prévu. Bien qu'elle reste au-dessus de la cible des 2%, elle est tombée à 2,8% en juin et l'inflation sous-jacente (qui exclut les éléments volatils tels que l’énergie) à 2,4% se rapproche de ses niveaux d'avant crise. Compte tenu de cette détente, et sous réserve que la situation géopolitique ne se dégrade pas, la BCE pourrait différer la prochaine remontée de taux voire opter pour un statu quo sur les prochains mois.

Pays asiatiques : Course à l’IA en Chine et réactions des banques centrales aux pressions inflationnistes au Japon et en Inde

La Chine investit massivement dans l’Intelligence Artificielle. La Banque du Japon relève ses taux afin de contrer l’inflation et soutenir sa devise. La croissance de l’Inde surprend à la hausse mais l’économie reste fragile.

La Chine confirme son ambition de dominer la révolution technologique. Son commerce extérieur robuste est propulsé par l'explosion du marché de l'IA, une dynamique que Pékin entend accélérer avec un plan d'investissement de 300 milliards de dollars sur cinq ans. Cette stratégie creuse cependant un fossé entre le secteur technologique florissant et le reste de l'économie.
Au Japon, la croissance du 1er trimestre, à + 1,8% en rythme annualisé, reste portée par des ventes au détail, une production industrielle et un marché de l’emploi solides. Pour contrer la poussée de l'inflation, la Banque du Japon a relevé ses taux de 25 points de base, à 1% (décision attendue par les marchés). Cette décision visait par ailleurs à stabiliser le yen ; malgré cela, fin juin, la monnaie japonaise est à un plus bas de 40 ans en raison de l'écart grandissant avec les taux américains.
L’Inde fait face à un haut niveau d’inflation, une forte volatilité des flux de capitaux et une pression continue sur sa devise. La banque centrale indienne maintient son taux directeur inchangé, tout en revoyant légèrement à la baisse sa prévision de croissance et à la hausse celle de l’inflation.

ACTIONS

La baisse des cours du pétrole a redonné de l’intérêt aux secteurs cycliques et aux entreprises dont les bénéfices sont les plus sensibles à la conjoncture. La zone euro étant la plus exposée à ces thématiques, l’indice Euro Stoxx 50 a enregistré une progression de plus de 4,50% en juin.
Dans le même temps, les valorisations élevées et les investissements massifs des entreprises technologiques dans l'intelligence artificielle sont redevenues des sources d'interrogations et ont conduit à des consolidations. Fortement exposés aux thématiques de l’IA, le S&P 500 aux États-Unis et l’indice MSCI Émergents ont reculé respectivement d'environ 1% et 1,5% en dollars sur le mois.
Malgré cette légère baisse, Wall Street a enregistré son meilleur trimestre depuis 2020, à l’image du Nasdaq en progression de plus de 21% sur la période.
Sur 6 mois, parmi les grandes zones géographiques, c’est l’indice des pays émergents qui a connu la plus forte progression (près de 23%) tandis que l’Euro Stoxx 50 et le S&P 500 clôturent le semestre avec des performances proches, au-dessus de 9% de progression.
A noter toutefois que, quel que soit l’indice, la hausse est concentrée sur un nombre limité de valeurs, La concentration est également très élevée au sein des indices ; les semi-conducteurs représentant désormais près de 20% du S&P 500, un record historique.

TAUX

Dans un premier temps, le conflit dans le Golfe Persique et des chiffres d’inflation supérieurs aux attentes ont poussé les rendements à la hausse, en particulier sur les taux courts. Par la suite, l’annonce d’un accord de paix entre l’Iran et les États-Unis a fait refluer les prix du pétrole, entraînant avec eux le niveau des taux d’intérêt.
Aux États-Unis, le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a surpris les marchés avec un ton plus ferme et une communication volontairement réduite. Ceci a eu pour effet la remontée des bons du Trésor américain 2 ans au-dessus des 4,2%.
En zone euro, la BCE a relevé le taux de dépôt à 2,25%, mais les taux courts sont restés stables (puisque cette décision était déjà largement anticipée par les investisseurs).
Sur les taux longs, le mouvement a été mesuré avec des rendements à 10 ans américain, allemand ou japonais en légère baisse ou proches de l’équilibre. A contre-courant, le 10 ans français a connu une légère remontée, de 10 points de base.
Les obligations d’entreprises ont bien résisté malgré les changements de cap des banques centrales, les volumes d’émission importants du secteur technologique et les difficultés persistantes des fonds de dette non cotée.

Chiffre clé : - 20%

C’est l’évolution des cours du brent sur le mois de juin. A 72,92 dollars au 30 juin 2026, le prix du baril de pétrole retrouve ainsi son niveau d’avant le déclenchement du conflit en Iran (72,48 dollars le 27 février 2026), après avoir monté au-delà des 126 dollars.