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Comment bien épargner pour sa retraite ?

2 min 30 s

C’est une question récurrente pour les clients de la Banque Privée, à laquelle les nouveaux dispositifs apportent des réponses intéressantes. Comme le montre ce cas très récent du Pôle de Marseille.

Les frĂ©quents dĂ©bats sur l’avenir des retraites et du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral ne manquent pas d’inquiĂ©ter les actifs. Ă€ juste titre. Le Conseil d’orientation des retraites estime en effet aujourd’hui que le taux moyen de remplacement – le pourcentage de la pension de retraite par rapport au dernier revenu d’activitĂ© – est d’environ 75 % pour un fonctionnaire, 50 % pour un salariĂ© du privĂ© et peut mĂŞme passer sous les 40 % pour un cadre ou un travailleur non salariĂ©.

“C’est une préoccupation de plus en plus importante pour nos clients qui se demandent comment ils pourront maintenir leur niveau de vie à la retraite”,

remarque Laura Barnéoud, conseillère LCL Banque Privée à Marseille.

Anticiper le plus tĂ´t possible

C’est bien la problématique qui émerge lors du rendez-vous avec ce couple. En passant le cap de la cinquantaine, il prend conscience de n’avoir encore rien anticipé pour s’assurer un complément de revenus lors de la retraite. “C’est souvent à cet âge que l’on commence à s’en préoccuper, souligne Laura Barnéoud. Et c’est dommage, en épargnant plus tôt, l’effort est aussi plus indolore.”

Le législateur l’a bien compris, qui vient justement d’introduire au travers de la loi Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) une refonte en profondeur des produits d’épargne retraite.

Un produit plus moderne

Jusqu’ici, les dispositifs existants Ă©taient Ă  la fois nombreux, complexes et peu harmonisĂ©s. “Entre Perp, Perco, contrats Madelin, Prefon, article 39 et article 83, les clients avaient souvent du mal Ă  s’y retrouver.

"Le nouveau système regroupe tous ces produits en un seul, le plan d’épargne retraite (PER). Il vise à encourager les Français à compléter leur retraite par répartition avec une dose de capitalisation que chacun pourra piloter à sa guise"

explique la conseillère. Le nouveau PER bĂ©nĂ©ficie d’une portabilitĂ© absolue et s’adapte Ă  tous les cas de figure : particuliers, entreprises, non-salariĂ©s, fonctionnaires…

Pour le couple, le PERi – i, pour individuel – répond en outre à une double problématique puisqu’il permet de prendre date sur la retraite mais aussi de réduire immédiatement son imposition sur le revenu. Les versements sur un PER peuvent en effet être déduits dans une certaine limite du revenu imposable. “C’est un produit pertinent pour les contribuables, surtout s’ils disposent de liquidités pour supporter le blocage de leurs fonds jusqu’à la retraite”, précise Laura Barnéoud.

Incitation fiscale

C’est ce qu’explique Laura BarnĂ©oud Ă  ses clients. Ces derniers sont intĂ©ressĂ©s par le levier fiscal du dispositif mais se demandent avec quelles liquiditĂ©s ils vont pouvoir effectuer un versement suffisamment significatif sur un PERi. Le bilan patrimonial permet toutefois Ă  la conseillère Banque PrivĂ©e d’ouvrir une piste intĂ©ressante : “J’ai dĂ©couvert que le couple venait de faire un rachat sur un contrat d’assurance-vie souscrit dans un autre Ă©tablissement en 2008 pour effectuer un achat immobilier qui n’a finalement pas Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©. Or il existe une incitation fiscale qui accompagne la crĂ©ation du PER. Afin de flĂ©cher l’affectation des fonds, le lĂ©gislateur a prĂ©vu de favoriser la rĂ©allocation de l’épargne d’une assurance-vie vers un PERi pour les contrats de plus de huit ans dont le souscripteur est Ă  plus de cinq ans de sa retraite. “Si les sommes sont rĂ©investies dans l’annĂ©e sur un PERi, l’abattement sur les plus-values est doublĂ©, souligne Laura BarnĂ©oud. Il passe donc Ă  9 200 euros et mĂŞme 18 400 euros pour un couple.”

Gestion pilotée

La mise en place du PER correspond à la prise de conscience que les fonds en euros de l’assurance-vie dont les rendements, de plus en plus faibles, ne compensent plus l’inflation, ne pourront pas financer la retraite.

“Le blocage des fonds peut rebuter, reconnaît Laura Barnéoud. Mais il a aussi une vertu.

"Le blocage des fonds jusqu’à la retraite permet de dynamiser le capital sur le long terme avec un rendement raisonnable et sans risque insensé."

C’est ce que l’on appelle la gestion pilotĂ©e : les actifs sont progressivement sĂ©curisĂ©s dès lors que l’on approche de la retraite.”

Souscrire un PER implique en effet de ne pas pouvoir disposer de ses fonds avant la retraite, sauf dans un certain nombre de cas très encadrĂ©s : invaliditĂ©, dĂ©cès de l’époux ou du partenaire de pacs, fin de droits de chĂ´mage, surendettement, liquidation judiciaire pour un TNS, achat de la rĂ©sidence principale.

Sortie en rente ou en capital

Ă€ ce stade, il convient bien sĂ»r de prĂ©ciser que le PERi pourra ĂŞtre liquidĂ© de deux façons lors du dĂ©part en retraite : soit en rĂ©cupĂ©rant immĂ©diatement tout ou partie du capital, soit en rente viagère. Les plus-values seront alors taxĂ©es au prĂ©lèvement forfaitaire unique de 30 % et le capital sera rĂ©imposĂ© avec le revenu. “C’est un principe qui inquiète les clients. Ils ont l’impression que l’État reprend d’une main ce qu’il avait donnĂ© de l’autre. Mais il ne faut pas oublier qu’avec le taux de remplacement que l’on subit Ă  la retraite, on a toute chance de se trouver dans une tranche d’imposition plus favorable. Cela fonctionne d’autant mieux si l’on s’astreint Ă  investir aussi les Ă©conomies d’impĂ´ts rĂ©alisĂ©es pour tout rĂ©cupĂ©rer au final”, souligne Laura BarnĂ©oud.

Lisser les versements

Il reste Ă  affiner la stratĂ©gie afin d’optimiser l’opĂ©ration. En prĂ©cisant d’abord qu’il est possible de rattraper immĂ©diatement les plafonds d’épargne retraite non utilisĂ©s au titre des deux annĂ©es qui prĂ©cèdent. Dans le cas prĂ©sent, on peut rĂ©duire le revenu imposable Ă  hauteur de 10 %, soit 10 000 euros, en ajoutant 20 000 euros au titre des deux annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. C’est ce que choisit le couple qui apporte 30 000 euros de son ancien contrat d’assurance-vie rachetĂ© et souscrit un PERi pour la mĂŞme somme. “Il est prĂ©fĂ©rable de ne pas trop verser d’un coup, ce qui pourrait conduire Ă  passer dans une tranche infĂ©rieure et Ă  ne pas bĂ©nĂ©ficier de toute la rĂ©duction d’impĂ´t, remarque la conseillère. De mĂŞme Ă  la retraite, la sortie en capital peut soumettre le contribuable Ă  une tranche supĂ©rieure.” En attendant, le couple se fĂ©licite des rĂ©ponses opportunes et pertinentes apportĂ©es par sa Banque PrivĂ©e…

La problématique

M. et Mme X, respectivement 50 et 48 ans, mariĂ©s, sans enfants Ă  charge sont tous deux cadres supĂ©rieurs. Ils disposent d’un revenu annuel de 100 000 euros. Ils commencent Ă  s’inquiĂ©ter du maintien de leur niveau de vie Ă  la retraite qu’ils n’ont pas encore anticipĂ©. La hausse sensible de leur fiscalitĂ© depuis le dĂ©part de leurs enfants est un autre sujet de prĂ©occupation.

La solution mise en place

Souscription d’un plan d’épargne retraite individuel (PERi).

Alimentation du PERi Ă  hauteur de 30 000 euros issus d’un contrat d’assurance-vie souscrit en 2008 qui vient d’être clĂ´turĂ© par ailleurs.

Contexte fiscal

  • Abattement sur les plus-values des contrats d’assurance-vie de plus de huit ans (pour un souscripteur Ă  plus de cinq ans de la retraite) doublĂ© en cas de rĂ©allocation sur un PER dans l’annĂ©e : jusqu’à 18 400 euros pour un couple.
  • DĂ©duction des versements sur le PERi dans la limite de 10 % des revenus professionnels nets de cotisations sociales et de frais professionnels.
  • Imposition de la rente ou du capital Ă  l’IR lors de la liquidation du PER Ă  la retraite.
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