NOTRE ACCOMPAGNEMENT
DEVELOPPER VOTRE PATRIMOINE
ASSURER VOTRE AVENIR
FINANCER VOS PROJETS
Logo LCL Banque Privée
chat iconlock icon

COP 15 pour la biodiversité : que peut-on en espérer ?

1 min

Reportée de plus de deux ans du fait de la pandémie mondiale, la COP 15 pour la biodiversité se déroulera du 7 au 19 décembre à Montréal. Dans la continuité des discussions sur la préservation et la restauration de la biodiversité, dernièrement abordées lors du Congrès mondial de la nature de l’IUCN en 2021, les acteurs civils, institutionnels et spécialistes de la biodiversité attendent de cette nouvelle Conférence des Parties la prise de décisions et d’actions concrètes pour protéger durablement nos écosystèmes.

COP 15 pour la biodiversité : que peut-on en espérer ? LCL Banque Privée

Si l’objectif zéro émission nette n’est pas une fin en soi (les organisations seront encouragées à absorber plus d’émissions qu’elles n’en émettent), l’atteindre et le maintenir est déjà un défi colossal.

Après une cop 27 décevante, la cop 15 pour la biodiversité peut-elle être décisive ?

La COP 27 sur le climat s’est achevée il y a quelques semaines à Charm-El-Cheick en Egypte. Malgré un programme complet autour des enjeux liés à l’environnement, ce rendez-vous incontournable visant à limiter la hausse des températures mondiales, n’a pas su rehausser les ambitions des États en matière de réduction d’émissions.

A contrario des COP pour le climat, organisées tous les ans, les COP biodiversité ont lieu tous les deux ans. Mais côté biodiversité, la COP 27 n’a accordé qu’une seule journée de travail à ce sujet en n’aboutissant sur aucune avancée permettant d’intégrer ses enjeux à la lutte contre le changement climatique. Même si la Convention sur la diversité biologique (CDB) n’a pas un mandat explicite sur ces enjeux, les relations entre biodiversité et climat sont essentielles.

Bien que le lien entre le climat et la biodiversité soit indéniable, il peine à être structuré pour permettre un ordre mondial sur la conservation de la nature.

Cette année, le taux d’inscription à la COP 15 n’a jamais été aussi élevé, démontrant un intérêt de plus en plus important pour le sujet.

En revanche, la COP 15, à l’image de la COP 27, a également de fortes chances de décevoir : beaucoup de sujets à défendre, aucune vision commune des priorités et des indicateurs de réussite, maturité différente selon les États… Autant de défis qui risquent d’entraver la réussite de cette conférence.

La création attendue d’un cadre international pour la préservation de la biodiversité

Un élément est particulièrement demandé à l’issue de cette COP : la mise en place d’un cadre mondial de la biodiversité. Ce cadre prévoit une feuille de route claire répartie en 22 cibles d’ici à 2030 afin d’enrayer la perte de biodiversité tout en s’accordant sur un programme d’actions pour « vivre en harmonie avec la nature » à l’horizon 2050.

Sur la base du rapport de 2019 de l’IPBES, ce « cadre décennal de la biodiversité pour l’après-2020 » ou Global Biodiversity Framework (GBF) devra contenir des objectifs ambitieux sur l’ensemble de ces cinq pressions :

  • les changements d’usage des terres et de la mer ;
  • l’exploitation directe des ressources naturelles;
  • le changement climatique;
  • la pollution ;
  • les espèces exotiques invasives et envahissantes.

 

Ce cadre mondial ambitieux permettrait la définition des règles internationales qui soient alignées avec les autres cadres existants liés à la nature et en passe de devenir obligatoire tels que la taxonomie européenne, la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) ou encore la Taskforce on Nature-related Financial Disclosures (TNFD).

Cette feuille de route devra aussi réussir le pari de parler au-delà des délégations nationales et d’embarquer également les populations autochtones et les communautés locales, le secteur privé, les ONG, les bailleurs, les syndicats, etc. Ce cadre mondial définissant l’ambition collective doit pouvoir être décliné dans les actions individuelles de chacune des parties prenantes à même d’agir, seule garantie de changements à fort impact transformationnel.

Au sein de l’Union européenne, un pas en avant pour protéger nos écosystèmes terrestres vient d’être fait. La Commission européenne vient de voter en faveur d’une législation interdisant l’importation de certains produits issus de la déforestation

tels que l’huile de palme, bovins, soja, café, cacao, bois et caoutchouc, ainsi que les produits dérivés (viande de bœuf, mobilier ou chocolat). Alors que l’Europe est le deuxième importateur mondial de produits liés à la déforestation (après la Chine), ce texte montre la voie à suivre pour encourager des méthodes de production durables.

Vers un reporting obligatoire de l’impact des entreprises sur la biodiversité ?

En 2022, EcoAct a rejoint le mouvement #MakeItMandatory pour demander aux gouvernements un reporting obligatoire de l’impact sur la biodiversité pour toutes les entreprises ; ce qui constituerait une réelle avancée en faveur de la protection des écosystèmes.

En revanche, plusieurs obstacles majeurs doivent être considérés : l’absence d’une unité de mesure de référence pour mesurer l’état de la biodiversité sur un périmètre donné et la profusion des méthodologies de mesure d’impact sur la biodiversité. La pluralité des recherches scientifiques en cours sur la biodiversité, couplé à la multitude de méthodologies existantes et en constante évolution (méthodologies complexes, pluridimensionnelles et avec des cadres d’application spécifiques : produit, site, unité d’activité économique etc.). ne permettent pas d’acter d’indicateurs qui fassent consensus et qui puissent être, à date, utilisés au niveau mondial comme « standards de référence ».

Même si le reporting sur la biodiversité n’est pas obligatoire à l’heure actuelle, il le deviendra sans doute dans les mois/années à venir. On peut d’ailleurs citer l’exemple de certains cadres de reporting qui incluent les enjeux biodiversité comme le CDP qui a ajouté 8 questions obligatoires dans son questionnaire sur le changement climatique pour le reporting 2023.

Chez EcoAct, les équipes utilisent de nombreux indicateurs et notamment le MSA par km² (Mean Species Abundance), une des mesures les plus populaires qui prend en compte l’évolution des espèces sur une zone précise. Les équipes d’EcoAct sont également à la pointe de certaines méthodologies pour accompagner les entreprises dans la compréhension de leur impact. Nous utilisons par exemple le Global Biodiversity Score (GBS), Globio, ENCORE ou IBAT parmi la diversité des méthodologies existantes.

Quelles sont les autres attentes pour cette cop ?

Avant de parvenir à un accord sur un cadre mondial, de nombreux sujets devront être abordés. Selon les avancées, les répercussions pour les acteurs privés et publics sont à anticiper pour être intégrées dans leurs stratégies globales.

Les aires protégées seront notamment un point central des discussions. À l’heure actuelle, une centaine d’États promeut un objectif de 30 % d’aires protégées et d’autres mesures de conservation de leurs territoires marins et terrestres d’ici à 2030. La cible 3 du cadre mondial pour l’après-2020 devra refléter cette exigence.

En France, une stratégie nationale pour les aires protégées a été adoptée en janvier 2021 fondée sur deux piliers : la protection de 30 % de nos territoires marins et terrestres, et un objectif de 10 % de protection forte pour certaines zones.

Pour accélérer la restauration et la préservation des écosystèmes, le développement de projets associé aux solutions fondées sur la nature (Nature-based solutions, NBS) apparaît comme une évidence. Au-delà de la protection du capital naturel, on y observe de forts co-bénéfices associés pour tous les êtres vivants. Les écosystèmes en bon état fonctionnel sont, en effet, de réels viviers de biodiversité et jouent un rôle central dans la séquestration du carbone. Que ce soit en milieu urbain ou en milieu naturel, les solutions fondées sur la nature font partie intégrante des stratégies de protection et de restauration de la biodiversité.

À mi-chemin entre les stratégies climat, carbone et biodiversité, les NbS présentent des co-bénéfices sociaux indéniables en associant les communautés locales et les peuples premiers à la gouvernance des projets. On attend ainsi de la COP 15 des discussions autour de la prise en compte et la valorisation de ces populations.

Côté financement, une journée dédiée à la finance se tiendra le 14 décembre. Il est malheureusement prématuré d’espérer un accord sur le montant de transfert lors de cette COP 15. Cependant, de nombreux pays souhaiteraient la mise en place d’un fonds spécifique pour la biodiversité.

Article proposé par notre partenaire Eco Act, rédigé par Canddie Magdelenat et Morgane Sorin également disponible sur le site d’EcoAct