Privilégier les actifs risqués pour 2021

En effet, avec le développement et la mise en marché de vaccins depuis la fin de l’année 2020, la rotation vers les valeurs cycliques et décotées (« value ») s’est concrétisée rapidement. La vitesse de la réappréciation des marchés actions et crédit, sur leurs composantes les plus dépréciées en cette fin d’exercice 2020, devrait laisser néanmoins mois de potentiel pour l’année à venir.

Pour autant, l’environnement reste clairement favorable aux actifs risqués pour l’exercice 2021 avec le retour de la croissance (5% pour le PIB Mondial, soit le taux de croissance le plus fort depuis 2010), la hausse des indicateurs d’activité (PMI) et celle des bénéfices par action (+30% en Europe, +20% aux Etats-Unis), le maintien de taux bas et une inflation toujours contenue.

Tout cela constitue un cocktail favorable à l’appréciation des actifs risqués comme les actions notamment.

Au-delà de la maîtrise du risque sanitaire, l’élément déterminant restera le soutien des politiques monétaires et budgétaires.

Il est trop tôt pour envisager en 2021 une inversion de ces politiques et nous allons au contraire assister dans un premier temps à une accentuation de ces mesures de soutien pour contrer les impacts négatifs sur la croissance de la seconde vague de la pandémie.

Préférer les actions au crédit à haut rendement

En dépit de valorisations qui ne sont pas bon marché (caractéristique d’un début de cycle), les actions conservent un potentiel d’appréciation au regard des perspectives de hausse des bénéfices prévues pour les deux prochaines années (+30% en 2021 puis +20% en 2022 pour l’Europe).

L’effet TINA (« There Is No Alternative » ou « il n’y a pas d’alternative ») sera également un facteur de soutien qui jouera en faveur des Actions alors que le risque sur le Crédit, notamment le Haut Rendement (« High Yield »), apparaît asymétrique, a fortiori après la forte appréciation de la fin de l’année 2020. Les positions en crédit de bonne qualité (« Investment Grade ») peuvent être maintenues pour capturer un peu de portage dans un environnement de taux négatifs (Europe).

Le contexte de liquidités surabondantes lié aux politiques monétaires couplé à la recherche de rendement dans un contexte de taux bas et de retour des dividendes, va demeurer très favorable aux Actions.

Concernant les taux longs, nous n’anticipons qu’une hausse limitée à l’horizon 2021 (10 ans US à 1.25%, reprise progressive de l’activité économique qui restera en dessous de son potentiel puisque durablement impactée par la pandémie) et une pentification limitée de la courbe des taux US. Celle- ci pourrait même offrir un point d’entrée sur les bons du trésor américain au cours de l’année à venir dans une perspective de protection.

Nous ne voyons pas le retour de pressions inflationnistes significatives avant fin 2021 – début 2022 ; la crise induite par le COVID est essentiellement une crise de la demande qui va mettre du temps à se résorber. Les anticipations d’inflation devraient se redresser au S2 2021, faisant baisser les taux réels ce qui pourrait constituer un soutien à la valorisation de l’or.

Adopter une approche plus globale en terme d’allocation géographique

Les différentes annonces de vaccins au cours du quatrième trimestre 2020 ont conduit à une surperformance des Actions Européennes vis-à-vis des Actions US et des Actions des pays Emergents. En terme d’allocation, l’Europe représente la « value » et la vigueur de son rebond récent est à la mesure des déceptions passées.

En effet, nous pourrions continuer d’assister en 2021 à la poursuite de la baisse tendancielle du dollar américain par rapport à l’Euro. Celle-ci dépendra des interventions de la Banque Centrale Européenne et de l’ampleur des plans de relance économique américains.

Pour 2021, une allocation plus globale et bien diversifiée est à privilégier.

La reprise américaine devrait être vigoureuse et la rentabilité des entreprises américaines devrait rester supérieure à celle des entreprises européennes et plaide pour maintenir les positions en actions américaines en privilégiant les positions couvertes du risque de change.

En effet, nous pourrions continuer d’assister en 2021 à la poursuite de la baisse tendancielle du dollar américain par rapport à l’Euro. Celle-ci dépendra des interventions de la Banque Centrale Européenne et de l’ampleur des plans de relance économique américains.

Par ailleurs, les perspectives de croissance économique et de croissance bénéficiaire devraient être meilleures en Chine et en Asie du Sud-Est par rapport à l’Europe, ce qui encourage à poursuivre l’augmentation de l’exposition à ces économies (actions). Elles sont clairement en amont du cycle de reprise, ne souffrent vraisemblablement plus des effets de la pandémie et devraient sortir renforcées de la crise actuelle. Ces positions constitueront également une couverture partielle à la dépréciation des positions en dollar américain.

Concernant le marché de taux, les obligations des pays émergents en devise locale, pourraient constituer une opportunité d’investissement pour 2021.

Equilibrer les portefeuilles actions en terme de style pour 2021

Il faudra veiller à rééquilibrer les portefeuilles actions en faveur des secteurs « Back to Work » (« retour au travail ») au détriment des secteurs « Stay at Home » (« rester à la maison ») pour l’exercice 2021.

Les taux longs devraient remonter de manière très progressive entraînant une pentification modérée de la courbe des taux. Celle-ci permet à la rotation sectorielle de se mettre en place en faveur des valeurs décotées et cycliques au détriment des valeurs de croissance et défensives.

Pour autant ce mouvement de réappréciation des taux longs se trouvera limité par l’abondance des liquidités et les contraintes qui pèseront sur la reprise de l’activité. Dans un monde où en dépit de la reprise, la croissance demeurera rare et contrainte, la thématique croissance (« Growth ») conservera sa place dans une allocation.

Les secteurs qui bénéficieront le plus d’un retour à la normale et qu’il conviendra de privilégier pour 2021 sont l’automobile, les valeurs financières notamment le secteur de l’assurance, les biens d’équipement et les matériaux de construction. Dans le contexte actuel, nous continuons à apprécier les Technologiques ainsi que les Utilities alors que les secteurs qui devraient sous-performer sont les biens de consommation essentiels, les services de télécommunications, la santé et l’énergie.

Prendre systématiquement en compte la thématique ESG dans toute décision d’investissement

2020 a consacré l’investissement responsable comme un paramètre fondamental de la génération de performance et de la maîtrise des risques de son portefeuille. Intégrer des critères extra financiers est devenu une nécessité à la fois dans l’intérêt financier des investisseurs mais aussi pour donner un sens à ses investissement en prenant en compte les enjeux sociétaux de notre époque et en permettant de devenir acteur des évolutions.

Le développement durable de nos économies étant un prérequis à la génération de valeur dans la durée, les facteurs ESG deviennent dès lors indispensables dans l’évaluation du potentiel de valorisation des actifs.

En particulier, il faudra veiller en 2021 aux conséquences de la stratégie globale de réduction des émissions de C02 : la taxonomie européenne pour la finance durable, le 14ème plan quinquennal Chinois qui intègre des mesures de lutte contre le réchauffement climatique ainsi que le retour des Etats-Unis dans l’accord de Paris sont autant de catalyseurs qui concourront à la transformation des économies actuelles. La prise en compte de ces facteurs ESG est devenu incontournable dans sa politique d’investissement.

Utiliser les produits structurés comme une diversification dans l’allocation d’actifs

Dans un contexte d’incertitude et donc de forte volatilité sur les marchés, il est légitime de rechercher des placements offrant des garanties mais ils sont rares et peu rémunérateurs ; à tout le moins des placements offrant une protection du capital. A travers l’univers des produits structurés, un investisseur retrouve ce placement protecteur. Nous conseillerons donc en 2021 à nos clients d’intégrer ce type de placement dans leur allocation d’actifs.

Pour mémoire, un produit structuré est un instrument financier sur mesure. C’est une forme de contrat : l’émetteur s’engage sur un rendement (le coupon) tant que le sous-jacent réalise une performance minimale pré déterminée sur une période donnée. Si la performance est dans le mauvais sens, plutôt que d’être confronté à des pertes immédiates sur son placement, le produit structuré va amortir la baisse et ce jusqu’à un certain point. C’est pour cela qu’on dit de ces placements qu’ils permettent d’optimiser le couple rendement-risque, en accédant à la performance d’une classe d’actifs tout en offrant une protection du capital.

Le produit structuré constitue une alternative originale et efficace de placement : vous diversifiez vos placements financiers tout en bénéficiant d’une option de protection modulable du capital. Du fait de ses caractéristiques, il peut être utilisé pour la gestion d’un portefeuille afin par exemple de piloter l’exposition aux risques sur marchés financiers.

Le produit structuré est de plus souvent éligible à l’assurance-vie, constituant ainsi un levier intéressant pour se désensibiliser au fonds général en Euros tout en conservant une certaine protection sur son capital investi.

Dernier atout de cet instrument : il offre des solutions véritablement sur mesure, car il peut s’adapter aux besoins de chaque investisseur (personnes physiques comme personnes morales) notamment en terme de de risque/rendement, et de maturité, puisqu’il est possible de choisir :

  • Le sous-jacent : actions, panier d’actions, indice (comme l’Eurostoxx50 par exemple), marché obligataire ou celui des changes, sous-jacents tenant compte des enjeux climatiques, sociaux et de gouvernance,
  • La durée et les dates de constatation intercalaires (annuelles, trimestrielles ou même quotidiennes),
  • La barrière de protection de 10 à 60 %, étant entendu que plus la barrière de protection est élevée, moins le coupon est intéressant

Nous conseillons une allocation d’actifs composée de 10 à 20% en produits structurés, des produits souscrits à des périodes différentes de marchés, sur des durées et des protections variées.

Oser le private equity

Le private equity (ou capital investissement), historiquement accessible aux seuls investisseurs institutionnels, est devenu ces dernières années une classe d'actifs incontournable pour la clientèle patrimoniale. Son seuil d'accès abaissé à 100 000€ dans beaucoup de fonds dédiés a permis de favoriser une plus large diffusion de la solution. Par ailleurs, la loi Pacte ouvre désormais la possibilité aux contrats d'assurance vie de détenir partiellement ce type de fonds ce qui renforcera leur empreinte dans la gestion d'un patrimoine privé.

Dans un univers de taux durablement bas avec des marchés financiers soumis à une volatilité difficilement prévisible, investir dans des sociétés non cotées, des actifs réels ou des infrastructures devient un axe essentiel de diversification dans une allocation d'actifs.

Deux raisons principales sont à retenir pour orienter une partie de son épargne longue (10 ans) vers le private equity :

  • La recherche d'un rendement attractif potentiellement plus élevé que sur les marchés boursiers et décorrélé de leurs indices

Selon France Invest, l’association des investisseurs professionnels pour la croissance, le capital investissement français affichait, en 2018, un rendement de 11,2 %(1) par an sur 15 ans, à comparer sur la même période à une performance annuelle de 5,9 %(1) pour le CAC 40. Il convient cependant d'avoir toujours à l'esprit le risque important de perte en capital inhérent à l'investissement dans le private equity et la non liquidité des parts jusqu'au dénouement du fonds.

De plus, les niveaux de valorisation à l'entrée étant un facteur clé de la performance, les périodes de crise constituent des fenêtres d’investissement opportunes. Un rapport Ernst&Young de 2020 a d’ailleurs montré que les véhicules de private equity tendaient dans ces périodes à générer une performance supérieure aux autres millésimes (le TRI(2) net des fonds de private equity a été de 13.9%1 pour le millésime 2009 vs 8.1%1 en 2006 par exemple). Sur 2021, les multiples d’acquisition devraient donc baisser comme dans toute crise, offrant de belles opportunités d’investir sur le private equity.

·        La recherche de sens en apportant des fonds directement aux Entrepreneurs et à l'économie réelle moins financiarisée que les multinationales

Avec la crise du Covid, le gouvernement français a créé le label Relance, attribué aux fonds d’investissement qui s’engagent à mobiliser rapidement des ressources nouvelles pour soutenir les fonds propres et quasi-fonds propres des entreprises françaises pour créer les champions de demain. En fléchant votre investissement dans un fonds bénéficiant de ce label, vous contribuez directement et positivement à la relance économique de la France.

La recherche de sens, c’est aussi soutenir des sociétés fragilisées par cette crise qui n’auront pas d’autre choix que de s’adosser. Des sociétés, hier fermées au private equity, vont devoir s’y ouvrir.

Plus largement, la recherche de sens implique une forte sélectivité dans les fonds d'investissement, en privilégiant ceux ayant mis en place des critères ESG exigeants sur les impacts sociaux, environnementaux et de gouvernance. De même, les fonds de transition Energétiques sont un complément de choix à une allocation d'actifs en participant activement au financement de l'Economie Verte.

Recherchés pour leur résilience et leur performance depuis longtemps par les Institutionnels, les fonds de private equity ont démontré sur la durée leur rôle d'amortisseur de long terme et ont donc toute leur place dans un patrimoine privé en veillant à diversifier les millésimes et en privilégiant les fonds ayant un axe d'investissement clair (par exemple, les secteurs porteurs d'avenir comme la santé, la digitalisation de l'économie ou la transition énergétique).

Rester vigilant face aux facteurs de risque pour 2021

L’épidémie redevient hors de contrôle, avec la multiplication des contaminations tandis que la mise en œuvre des vaccinations à grande échelle prend plus de temps que prévu ralentissant ainsi le redémarrage économique.

Une remontée plus forte que prévue des taux face à la hausse du déficit budgétaire. La pentification de la courbe des taux américain serait plus rapide qu’anticipée augmentant la baisse des taux réels.

La volatilité devrait rester forte en 2021 et constituer un élément de déstabilisation pour les investisseurs.

Une dépréciation trop forte et trop rapide du dollar américain (au-delà de 1,25 EUR/USD), serait également une source de perturbation pour les marchés, notamment européens.

Gestion de portefeuille : un bilan 2019 très positif - LCL Banque Privée

Tony Du Prez, Directeur des Gestions de Portefeuilles de LCL

Christophe Lamballais, Direction de la Gestion de Fortune de LCL

(1) Les performances passées ne préjugent pas des performances futures
(2) TRI : Taux de Rendement Interne (ie performance du fonds en prenant en compte tous les flux : souscription, appel de fonds, distribution et remboursement)