Indexation du barème sur l’IR
Afin de tenir compte des effets de l’inflation hors tabac sur le niveau d’imposition, les limites des tranches du barème progressif de l’IR 2025 sont revalorisées de 0,9 %.
Le barème est le suivant :

Cette revalorisation s'applique également au plafonnement de l'avantage en impôt procuré par les demi-parts supplémentaires de quotient familial (1 807 € par demi-part) et aux pensions alimentaires versées sous conditions à des enfants majeurs (6 855 €).
Il est également prévu, pour les revenus perçus à compter du 1er janvier 2026, d’ajuster les limites des tranches de revenus des grilles de taux par défaut du prélèvement à la source (PAS).
Plusieurs mesures pour diminuer son IR
- Le plafond par foyer fiscal et par an des dons en faveur des organismes d’aide aux personnes en difficulté - appelé aussi « dons Coluche » - et des victimes de violences conjugales passe de 1 000 € à 2 000 €. Ces dons ouvrent droit à une réduction d’IR au taux de 75 % de leur montant total. Celle-ci pourra désormais atteindre un montant maximal de 1 500 € (750 € précédemment). Cette mesure s’applique aux dons et versements effectués à compter du 14 octobre 2025(1).
- Les particuliers qui souhaitent répondre à l’appel « Sauvez l’aile François 1er, devenez ange gardien du patrimoine » peuvent effectuer un don au profit de la restauration du château de Chambord. Vous bénéficierez d’une réduction d’IR au taux majoré de 75 % (au lieu de 66 %) dans la limite de 1 000 € par foyer fiscal. Ces dons n’entrent pas dans le plafond général de 20 % du revenu imposable. Sont éligibles les versements réalisés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2026.
- Recourir à certains services à la personne ouvre droit à un crédit d’impôt égal à 50 % des dépenses dans la limite de 12 000 € majorée de 1 500 € par enfant à charge. Ce crédit d’impôt s’applique aux prestations rendus à domicile mais aussi réalisées à l’extérieur du domicile (livraisons de repas, accompagnement des enfants…), dès lors qu’elles sont comprises dans un ensemble de services incluant des activités au domicile. La loi de finances pour 2026 clarifie le traitement des services fournis à l’extérieur. Pour bénéficier du crédit d’impôt, il est nécessaire que : ces services soient effectués par un même salarié, association, entreprise ou organisme ; le montant annuel des dépenses engagées au titre des services éligibles fournis à l’extérieur du domicile n’excède pas, pour chaque ensemble de services, le montant annuel des sommes engagées au titre des activités effectués à la résidence.
Par ailleurs, pour les personnes handicapées ou qui ont besoin d’une aide personnelle à domicile, les livraisons de repas à domicile sont désormais assimilés à un service fourni à la résidence et donc éligible au crédit d’impôt sans les conditions spécifiques visées ci-dessus.
PFU : suppression du caractère irrévocable du choix pour le barème IR
L’article 126 de la loi de finances pour 2026 supprime le caractère irrévocable qui permet aux particuliers de choisir l’imposition des revenus de capitaux mobiliers et plus-values de cessions de valeurs mobilières au barème progressif de l’impôt sur le revenu plutôt qu’au prélèvement forfaitaire unique. Désormais, ils peuvent revenir sur leur choix en renonçant a posteriori à l’option sur le barème avant le 31 décembre de la 2e année qui suit celle de la mise en recouvrement de l'impôt.
Cette mesure s’appliquera sur l’impôt sur le revenu dû au titre de l’année 2026 et des années suivantes.
FCPI : une réduction d’impôt recentrée
Pour assurer sa conformité avec le droit européen, le dispositif de réduction d’impôt IR-PME, dit aussi réduction Madelin, a été modifié. Il est recentré sur les fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) investis dans les titres de Jeunes Entreprises Innovantes (JEI).Seuls ces produits bénéficieront de la réduction d’IR de 30 %.
Par ailleurs, les FCPI disposent d’un délai de 48 mois (au lieu de 30 mois) pour atteindre le quota d’investissement de 70 %. Un assouplissement qui s’applique aussi aux fonds d’investissement de proximité (FIP) « Corse » et « Outre-mer ». À noter que les souscriptions en numéraire de parts de FIP « Corse » et « Outre-mer » continuent de bénéficier d’une réduction d’IR de 30 %.
Enfin, le plafond de financement dont peuvent bénéficier l’ensemble des entreprises dont l’investissement direct ou intermédié ouvre droit au bénéfice de la réduction d’impôt est relevé de 15 à 16,5 millions d’€.
L’application de ces mesures s’appliquent aux versements effectués à compter du 21 février 2026, sous réserve, pour certaines d’entre elles, d’une autorisation de la Commission européenne puis de la publication d’un décret.
PER : un plafond de versement augmenté
La loi de finances pour 2026 augmente l’opportunité de verser sur un PER en allongeant la durée de report des plafonds de versements déductibles.
Chaque année, vos versements volontaires sur un PER peuvent être déduits du revenu imposable dans la limite d’un plafond défini selon votre statut professionnel (salarié, retraité, travailleur non-salarié…). Si ce plafond n’est pas entièrement utilisé sur une année, la fraction restante peut désormais être reportée sur les 5 années suivantes (contre 3 ans auparavant)(2). Cela permet de mieux lisser les versements et de concentrer l’effort d’épargne sur les années où la fiscalité est plus lourde (hausse des revenus, prime exceptionnelle…). Par ailleurs, pour éviter de perdre le plafond le plus ancien, il est recommandé de réaliser un versement équivalent à la somme du plafond le plus récent et du plus ancien, à condition que cela optimise votre fiscalité et reste compatible avec votre capacité d’épargne.
La loi de finances recentre aussi ces plans sur leur vocation d’origine, à savoir la constitution d’une épargne retraite. Ainsi, depuis le 1er janvier 2026, les titulaires d’un PER âgés de plus de 70 ans ne peuvent plus déduire de leur revenu global les versements volontaires. Pour ceux réalisés passé cet âge, en cas de sortie en capital d’un PER, les prestations versées seront exonérées pour leur part correspondant au montant des versements réalisés à compter de 70 ans. Elles seront soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU) au taux actuel de 31,4 % pour leur part correspondant aux produits de ces versements. En cas de sortie en rente, celles issues des versements réalisés après 70 ans seront soumises au régime des rentes viagères à titre onéreux, qui limite la fraction de la rente imposable à l’IR à 30 %.
En matière d’impôt sur le revenu, la loi de finances pour 2026 ne présente pas de réelle mesure phare mais plusieurs aménagements qui n’imposent pas de revoir en profondeur les stratégies patrimoniales.
Les dispositifs existants sont à envisager pour piloter sa fiscalité en fonction de l’objectif poursuivi comme préparer sa retraite, investir dans les entreprises innovantes et l’économie des territoires ou encore investir dans de l’immobilier grâce au nouveau statut de bailleur privé.
Article achevé de rédiger le 20 février 2026 par Christine Allorge, juriste fiscaliste patrimonial
(1) Jour de la présentation en conseil des ministres du projet de loi de finances
(2) Cette mesure s’applique aux nouveaux plafonds constitués à partir de 2026.
