@Richard Melloul
En août 1826, dans sa maison de Saint-Loup-de-Varennes en Saône-et-Loire, l’ingénieur Joseph Nicéphore Niépce prenait ce qui est considéré comme la première photographie de l’histoire, intitulée le Point de vue du Gras. À cette époque, seuls la peinture et le dessin permettaient de représenter le monde ou de réaliser des portraits. Avec la photographie, apparaît une nouvelle manière de raconter et de représenter la réalité. Et sans action de la main mais en capturant et fixant la lumière sur des surfaces photosensibles. La lumière qui est par essence le matériau de la photographie. « Elle est importante mais elle ne suffit pas, souligne le photographe Richard Melloul.
« À l’instar de la peinture ou de la sculpture, la photographie est l’association de plusieurs éléments comme la composition, le sujet, le contexte, le cadrage et le choix de l’objectif ».
Au-delà des aspects « techniques », l’important pour ce photographe (re)connu pour ses portraits, « est d’instaurer des rapports de confiance avec les gens que j’ai eu à photographier, indispensable pour réaliser ce projet commun », confie-t-il. Sont passés, entre autres, devant son objectif Rostropovitch, Barbara, Mohamed Ali (voir photo), Paul McCartney, Isabelle Adjani, Jean-Paul Belmondo…
Un marché de niche
Longtemps à la marge du marché de l’art, la photographie en est aujourd’hui un secteur à part entière. Des galeries spécialisées se sont ouvertes et des vacations sont régulièrement programmées par les maisons de ventes. Des musées lui sont consacrées ainsi que de nombreuses manifestations.
« La France est d’ailleurs une place très active et mondialement reconnue avec l’organisation de grands évènements comme Les Rencontres de la photographie d’Arles, Paris Photo, Visa pour l’Image à Perpignan (festival international du photojournalisme) et des espaces dédiés comme le musée du Jeu de Paume ou la Maison européenne de la photographie »,
constate Richard Melloul.
Côté collectionneurs, la photographie reste un marché de passionnés et de niche puisqu’elle ne représente que 6 % des ventes d’art contemporain en 2025(2). Mais avant d’acquérir des œuvres, « vous devez prendre le temps d’exercer votre regard, vous familiariser avec l’histoire de ce médium, vous renseigner sur l’univers du photographe », conseille Richard Melloul. N’hésitez pas à pousser les portes des galeries, des musées et des salons, à assister à des ventes aux enchères et à prendre conseil auprès d’experts au fait des tendances. La qualité du tirage, la signature, le sujet, le nombre d’épreuves sont aussi à considérer. « Au-delà de l’acquisition d’un tirage, vous partagez la créativité de l’artiste, l’expression de son univers photographique », explique Richard Melloul. Si certaines œuvres atteignent des millions - la photo Le Violon d’Ingres de Man Ray a été vendue 12,4 millions de dollars en 2022 -, ça reste accessible puisqu’il est possible d’acquérir des photos signées par un photographe mondialement reconnu comme Robert Doisneau ou Willy Ronis pour quelques centaines d’euros.
Mais que ce soit pour vous constituer une collection ou « habiller » votre intérieur, l’essentiel est que la ou les œuvres acquises vous plaise.
(1) Les 19 et 20 septembre 2026
(2) https://imgpublic.artprice.com/pdf/le-marche-de-lart-contemporain-2025.pdf
