Aujourd’hui, la compensation carbone doit être associée à la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre (GES) ; en effet, elle ne doit en aucun cas se substituer aux efforts pour réduire ses propres émissions.
Comme prouve notre expérience et engagement de longue date, elle a sa place légitime au sein d’une stratégie de neutralité carbone efficace.

Compensation carbone : c’est quoi ?

La compensation carbone est définie par une action qui consiste à financer des réductions d’émissions de GES ou des séquestrations de GES équivalentes aux émissions résiduelles d’une organisation, entreprise ou territoire. Ce financement de projets dits de compensation carbone s’effectue en acquérant des réductions d’émissions, aussi appelées crédits carbone.

Un crédit carbone correspond à 1 tonne équivalent de CO2 évitée par le projet.

La compensation carbone joue un rôle important dans la lutte contre le changement climatique en permettant de générer du financement conséquent pour réduire les émissions de GES et renforcer les puits de carbone naturels (forêts, utilisation des sols, océans) ou technologiques ; éviter l’émission d’une tonne de CO2 quel que soit le lieu géographique ou la méthode apporte le même bénéfice climatique.

C’est en effet un des outils clefs à notre disposition pour atteindre la neutralité carbone mondiale à l’horizon 2050 : seul scénario compatible avec un réchauffement climatique contenu en deçà de 2°C.

La compensation volontaire : de quoi parle-t-on ?

Pour mieux comprendre et déconstruire quelques mythes autour de la notion de compensation carbone, il convient de différencier deux systèmes de mécanismes de compensation carbone :

  • les marchés de la compensation réglementaire établis par un accord ou une loi à l’échelle internationale (il s’agit des mécanismes de projet du protocole de Kyoto) ou nationale (il s’agit des mécanismes de projets liés à des marchés/taxes carbone comme au Québec, en Californie, en Colombie ou en Corée du Sud par exemple) ;
  • le marché de compensation carbone volontaire qui est destiné à tous les acteurs qui veulent compenser sans y être tenus par la loi : particuliers, collectivités locales et entreprises. Leurs motivations sont diverses : agir pour le climat, créer de la valeur ajoutée pour leurs consommateurs, investisseurs ou citoyens, anticiper de futures réglementations, engager l’entreprise dans une démarche collaborative avec ses parties prenantes (collaborateurs, ONG, médias), etc.

La compensation volontaire consiste à financer un projet de réduction ou de séquestration d’émissions de GES d’une autre entité.

Pour gérer son risque de transition et atteindre son objectif de neutralité, une organisation peut lancer sa démarche dans son périmètre de suivi et, au-delà de son périmètre, financer des actions volontaires de réduction d’émissions et de renforcement des puits carbone.

De tels projets de compensation carbone volontaire augmentent également la contribution des organisations aux Objectifs de Développement Durable (ODD) tels que définis par les Nations- Unies (par exemple : réduction de la pauvreté, accès à l’énergie, protection des océans et de la biodiversité...).

Pertinence : pourquoi faire de la compensation carbone ?

La compensation carbone volontaire permet aux organisations de contribuer aux objectifs de développement durable et de neutralité carbone.
Elle permet également de participer à la solidarité internationale et d’accélérer la transition bas carbone à l’échelle mondiale ; par conséquent, c’est une opportunité pour les entreprises d’affirmer leur leadership sur les questions climatiques et environnementales.

Cela explique pourquoi les organisations et notamment les entreprises soutiennent des projets de compensation carbone. Pour maximiser pleinement cet investissement, il est indispensable de privilégier les crédits qui soient pertinents pour chaque entité, qui génèrent des co-bénéfices (biodiversité, socio-économique, ODD...) et surtout qui bénéficient d’une certification robuste et reconnue.

Compréhension du principe de fonctionnement

En termes de typologie de projets, plusieurs possibilités s’offrent aux acteurs désireux de financer des réductions ou de séquestrations d’émissions de GES au-delà de leur périmètre direct :

  • Projets forestiers (plantations d’arbres, protection des forêts existantes soumises à un fort risque de déforestation, etc.) ;
  • Production d’énergies renouvelables à petite échelle ou dans des zones non connectées (énergie solaire, éolienne, biomasse, etc.);
  • Amélioration de l’’efficacité énergétique (changement de systèmes d’éclairages publics, etc.)
  • Amélioration de la gestion des déchets (biogaz, etc.)

Tout projet de compensation carbone doit répondre aux conditions obligatoires suivantes :

  • Être « additionnel » : il n’aurait pas pu voir le jour sans ce financement ;
  • Pouvoir mesurer la quantité de CO2e réduite ou séquestrée ;
  • Réaliser la vérification et un audit par un tiers indépendant
  • Garantir l’unicité des crédits carbones qu’il délivre (un crédit = 1 tonne de CO2e évitée).

 Il s’agit donc des projets dont les effets sur les réductions d’émissions de GES sont vérifiables et quantifiables. Le respect de ces conditions garantit l’efficacité de la compensation carbone volontaire.

Preuve de l’efficacité de la compensation : son additionalité

Qu’en entend-on par l’additionalité ?

L’additionalité des réductions d’émissions de GES est une condition sine qua non pour garantir l’intégrité environnementale d’une activité de compensation carbone. Pour que les réductions d’émissions soient dites additionnelles, il faut qu’elles n’aient pu voir le jour sans le financement prévu.

L’intégrité environnementale de la neutralité carbone nécessite également que la réduction d’une tonne équivalente de GES ou sa séquestration soit enregistrée au crédit de la comptabilité d’une seule entité.

Ainsi, les efforts réalisés ne peuvent être revendiqués par plusieurs entités. Pour s’assurer de l’intégrité environnementale d’une opération de compensation, il est important de faire appel à des organismes de référence et à des labels les plus exigeants.

Organismes de certification des projets et standards

Pour assurer l’intégrité environnementale de la compensation carbone, des standards ou des organismes de certification définissent, en consultation avec les différents acteurs du marché carbone, les exigences relatives à la qualité des crédits carbone générés par des projets ou par la séquestration de GES.

Le respect des exigences formulées par les standards est assuré par des organismes de certification qui évaluent les projets et émettent des opinions sur leur conformité.

Il est indispensable de vérifier que les projets de compensation carbone sont validés et vérifiés par des standards internationaux reconnus. Il ne suffit pas de  planter un arbre pour compenser !

Les standards de référence sur le marché volontaire sont :

  • le Gold Standard, créé par l’ONG World Wild Fund (WWF) en 2006,
  • le Verified Carbon Standard (VCS), géré par VERRA, une organisation à but non lucratif,
  • l’American Carbon Registry,
  • le Climate Action Reserve.

L’intégrité environnementale d’un projet est encadrée

Chaque projet de compensation carbone est mis en oeuvre à partir d’une méthodologie précise développée par des experts et certifiée par un organisme indépendant. Cette méthodologie permet une comptabilisation des émissions de GES évitées ou séquestrées du projet, qui est vérifiée pour bénéficier de la certification de l’organisme (tel que Gold Standard ou VCS).

Sans cette certification, le projet ne peut pas émettre de crédits carbone qui soient ensuite utilisés par une entreprise pour son propre objectif de neutralité carbone.

En France, la certification de projets de compensation carbone nationaux existe grâce au Label Bas-Carbone, lancé par le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire en 2019. Les projets labélisés font l’objet d’un diagnostic exhaustif réalisé par un auditeur externe accrédité afin de garantir leur qualité, tant par leur impact environnemental que social et économique. Les réductions d’émissions de GES sont d’abord vérifiées par l’auditeur avant d’être certifiées.

EcoAct fait figure de pionnier en France, ayant permis aux premiers projets du GIP massif central de voir le jour. Ces projets ont d’ailleurs servi de pilotes dans le cadre du développement du Label Bas-Carbone. Pour aller plus loin, il développe en ce moment plusieurs méthodologies dont une pour développer un projet pilote sur la restauration de mangroves dans le cadre du label.