« Alors que nous entamons une nouvelle année, je suis heureux de voir que le climat et la biodiversité sont à l’ordre du jour de nombreuses organisations. Pour autant, nous ne pouvons pas nous permettre de nous reposer sur nos lauriers : 2024 doit être une année d’action.

En 2023, une sixième limite planétaire a été dépassée, les effets du changement climatique se sont fait sentir dans le monde entier et l’année a été la plus chaude jamais enregistrée au niveau mondial : l’urgence d’agir atteint de nouveaux sommets.

Les entreprises et les territoires doivent réduire leurs impacts sur l’environnement et s’adapter pour limiter les conséquences de la crise climatique et écologique sur leurs activités. Il y a beaucoup à faire, mais rien n’est impossible, nous voyons quotidiennement des entreprises prendre le chemin de la transformation durable. Pour guider votre transition, découvrez les cinq perspectives de l’année qui, selon moi, peuvent contribuer à mettre le climat et la nature au centre des stratégies en 2024. »

1. Nouvelles réglementations et cadres normatifs : l’étincelle pour accélérer votre action

L’année 2023 a été marquée par des avancées significatives au niveau de la législation et des cadres volontaires du développement durable avec, notamment : l’entrée en vigueur de la CSRD, l’avancement de la loi sur la restauration de la nature, le lancement officiel de la Task Force on Nature-related Financial Disclosures (TNFD) ou encore l’établissement des normes de l’International Sustainability Standards Board (ISSB).

Dans ce paysage réglementaire dynamique, il est impératif pour les entreprises d’adopter une approche proactive. À l’aube de 2024, elles devront s’aligner sur un nombre croissant de réglementations relatives au climat et à la nature, allant de l’empreinte carbone et biodiversité à la planification de la transition, en passant par les risques liés au climat et à la nature.

2. Évolution du marché volontaire du carbone : vers une amélioration de la qualité et la transparence

Avec les rouages de l’article 6 de l’accord de Paris toujours en cours d’élaboration en vue de la COP 28 et dans le contexte de plusieurs critiques médiatiques, l’année 2023 a été une année de transition pour une amélioration du fonctionnement du marché volontaire du carbone (VCM). Malgré ces difficultés, 2024 devrait être synonyme d’une évolution significative pour renforcer la qualité des projets et pour améliorer la transparence des pratiques.

L’attention portée à la qualité des projets a conduit les principaux standards (couvrant près de 90 % du volume du VCM) à publier une déclaration commune lors de la COP28 afin d’améliorer l’alignement de la comptabilité, la transparence et le renforcement des capacités.

Plusieurs standards investissent désormais massivement dans l’amélioration des méthodologies (par exemple, les méthodologies REDD révisées par Verra) afin de garantir l’amélioration de la qualité des activités de compensation au cours des prochaines années.

Il est encourageant de voir que les grandes organisations ne renoncent pas à leurs engagements en matière de climat au-delà de leur chaîne d’approvisionnement. Au contraire, nombre d’entre elles réévaluent la manière dont elles peuvent maximiser la qualité et la transparence pour atteindre leurs objectifs. On observe également une tendance continue des entreprises à développer leurs propres projets afin de garantir l’approvisionnement en crédits pour leurs objectifs à long terme de zéro émission nette. Alors que la demande de crédits carbone de haute qualité et l’évolution vers des mécanismes de compensation transparents et vérifiables augmentent, EcoAct aide de plus en plus de clients à développer des projets et à maximiser l’impact positif envers l’environnement et les communautés locales.

3. Au-delà du carbone : mettre la nature et la biodiversité à l’agenda

Bien que les émissions de carbone continuent d’être à l’origine du changement climatique, se concentrer uniquement sur leur réduction ne tient pas compte de l’interdépendance des limites planétaires, notamment entre le climat et la nature.

Avec un déclin moyen de 69 % des populations d’espèces depuis 1970 et plus de 50 % du PIB mondial dépendant modérément ou fortement de la nature, notre engagement en faveur de la nature et de la biodiversité n’a jamais été aussi important.

Des progrès notables ont été accomplis en ce qui concerne les réglementations et les cadres afin d’inscrire la nature et la biodiversité à l’ordre du jour des entreprises, et l’on espère que la COP16 sur la biodiversité, qui se tiendra à l’automne, permettra d’en faire davantage.

La COP28 a également mis l’accent sur la nature, soulignant l’importance de la lutte conjointe contre le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité. En 2024, nous souhaitons encourager toutes les organisations à élargir leur champ d’action pour s’attaquer à leurs impacts et à leurs dépendances vis-à-vis de la nature, en adoptant les recommandations de la TNFD et en mesurant leur empreinte biodiversité dans le cadre d’une stratégie intégrée en faveur de la nature.

4. Accélérer la transition environnementale : libérer le potentiel de la data

Les données et les outils numériques jouent un rôle majeur dans la transition environnementale des organisations en favorisant la transparence, la collaboration, la rapidité d’exécution, l’accessibilité et le partage des ressources, tout en fournissant un levier pour la transformation durable des modèles.

Le défi actuel consiste à utiliser ces outils pour conduire la transformation tout en minimisant les impacts négatifs sur l’environnement. Cela nécessite une approche stratégique et responsable pour exploiter la puissance des technologies numériques.

Un aspect significatif de cette transformation numérique qui se poursuivra en 2024 est le déploiement de l’intelligence artificielle (IA) et de l’analyse des données environnementales.

Ces technologies sont de plus en plus appliquées pour traiter divers aspects de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique. L’analyse avancée des données climatiques offre des méthodes efficaces pour, par exemple, monitorer et réduire les émissions de gaz à effet de serre, en optimisant l’utilisation de l’énergie dans les bâtiments.

Les entreprises peuvent tirer parti de ces outils pour s’adapter aux effets du changement climatique, en identifiant les zones vulnérables et en élaborant des plans de protection des infrastructures. L’accès à des données pertinentes et de qualité est primordial, ce qui souligne la nécessité de mettre en place des stratégies solides de gestion des données climatiques et environnementales.

Chez EcoAct, nous souhaitons libérer le potentiel offert par la collecte et l’analyse des données pour le mettre au service de la mesure, du suivi et de l’optimisation de la performance environnementale des organisations. Notre équipe Climate Data Analytics, créée au printemps 2023, a pour objectif de donner aux entreprises les moyens d’utiliser la technologie et les données pour prendre des décisions éclairées, identifier les axes d’amélioration et renforcer les efforts globaux en matière de développement durable.

5. Transformation des modèles d’affaires des entreprises : Intégrer pleinement la transition environnementale au cœur de votre activité

Pour atteindre leurs objectifs de réduction d’émissions, les plans de décarbonation traditionnels ne sont pas suffisants : les organisations doivent se lancer dans la transformation de leur business model.

Définir un plan de transition robuste pour se transformer permet non seulement aux organisations d’atténuer efficacement les risques liés au changement climatique, à l’évolution de la réglementation et aux attentes des parties prenantes, mais aussi de soutenir l’innovation et la résilience à long terme.

En 2023, nous avons commencé à accompagner des organisations dans la modification vertueuse de leur modèle d’affaires.

En 2024, nous espérons continuer à sensibiliser les équipes à la transformation durable et à leur proposer des stratégies leur permettant de repenser l’engagement des parties prenantes et de favoriser la collaboration inter-secteurs.

En conclusion, il reste beaucoup à faire pour favoriser la pérennité des organisations face aux enjeux climatiques et environnementaux. Cependant, nous sommes optimistes, car les solutions existent et sont nombreuses ! Les missions réalisées auprès de nos clients nous le prouvent année après année.

Article proposé par notre partenaire Eco Act, rédigé par Stuart Lemmon, Président Directeur général d'EcoAct.