D’un choc transitoire à une crise d’offre durable ?
Depuis l’escalade géopolitique survenue fin février au Moyen-Orient, la perception des investisseurs est passée d’un choc initialement jugé transitoire à un scénario de perturbation plus durable.
Si l’activation de leviers politiques au cours de la première quinzaine de mars, dont la mobilisation de réserves stratégiques (jusqu’à 400 millions de barils), a permis une détente des marchés, ramenant le pétrole sous 90 dollars, cette accalmie aura toutefois été brève.
Le trafic dans le détroit d’Ormuz demeure aujourd’hui 80% inférieur à son niveau habituel. Par ailleurs ces derniers jours, en représailles aux attaques visant l’île de Kharg (qui concentre près de 90% des exportations pétrolières iraniennes) et le gisement gazier de South Pars, l’Iran a ciblé plusieurs infrastructures énergétiques majeures. Le principal site gazier du Qatar a notamment été touché. L’impact sur les marchés a été immédiat : retour du Brent autour des 120 dollars le baril et très forte appréciation du gaz naturel (sans toutefois revenir aux pics de 2022).
Marchés financiers : montée de la prime de risque et tensions stagflationnistes
Dans cet environnement, les marchés ont intégré une prime de risque géopolitique plus importante.
A la clôture du 20 mars, l’Eurostoxx 50 reculait de 10,4% depuis le début du conflit, tandis que les marchés émergents et les actions américaines cédaient 9% et 5,3% respectivement, ces dernières se montrant plus résilientes, soutenues notamment par l’indépendance énergétique des États-Unis.
Sur les marchés obligataires, la hausse des prix de l’énergie ravive le risque stagflationniste, caractérisé par une résurgence des pressions inflationnistes concomitante à un affaiblissement des perspectives de croissance. Les maturités courtes remontent, reflétant des anticipations monétaires plus restrictives. Les obligations à long terme sont également affectées : le 10 ans allemand a dépassé les 3%, et son équivalent américain a atteint 4,37%, soit +44 pdb depuis fin février.
Parallèlement, le dollar a continué de s’apprécier, soutenu par la hausse des taux ; ces derniers exerçant une pression baissière forte sur l’or qui a chuté à 4500 dollars l’once.
Des banques centrales gênées par un regain des anticipations d’inflation
La persistance de prix de l’énergie élevé accentue le risque de stagflation et réduit, par conséquent, la marge de manœuvre des banques centrales. Cette semaine, les principales banques centrales ont, comme attendu, opté pour un statu quo monétaire. Néanmoins, leurs communications ont clairement affiché un biais restrictif. Une remontée des taux si l’inflation n’est plus maitrisée n’est plus exclue.
Aux États-Unis, la Réserve fédérale a maintenu ses taux dans une fourchette de 3,50% à 3,75%, tout en projetant une baisse en 2026, puis une autre en 2027. L’institution a relevé ses prévisions d’inflation pour 2026 (à 2,7%) ainsi que, de manière plus surprenante, ses anticipations de croissance (à 2,4%), évolution attribuée à une hausse de la productivité. L’hypothèse d’une baisse de taux supplémentaire a été évoquée, sans constituer le scénario central, notamment dans un contexte où le marché du travail montre certains signes de fragilité.
En zone euro, la BCE a maintenu son taux de dépôt à 2%. Estimant que les tensions au Moyen-Orient détériorent l’équilibre des risques, elle a relevé ses projections d’inflation (2,6% en 2026, puis 2,0% en 2027) tout en abaissant ses prévisions de croissance (0,9% en 2026 et 1,3% en 2027).
La communication des banques centrales restera un facteur clé à surveiller, alors que l’incertitude refait surface dans les anticipations monétaires.
EN CONCLUSION
A date, notre scénario central reste celui d’un pic d’inflation temporaire associé à une croissance économique mondiale en ralentissement par rapport aux perspectives de début d’année mais qui resterait en territoire positif.
Les marchés intègrent progressivement une réévaluation de la prime de risque géopolitique sur le long terme tandis que les banques centrales adoptent une posture attentiste afin de mieux mesurer l’impact du choc énergétique sur l’économie.
Si nous manquons de visibilité sur l’évolution du conflit (tant sur sa durée, que sur la forme que prendra la résolution de celui-ci), nous pensons que sa résolution pourrait se traduire par une remontée significative des actifs ayant le plus souffert ces dernières semaines.
Dans le contexte qui vient d’être décrit et du fait du positionnement actuel de nos allocations, nous avons décidé de maintenir nos positions inchangées à ce jour. Nous nous réservons la possibilité, dans le cas d’allocations disposant de marges de manœuvre, de renforcer l’exposition en actions de nos mandats si les marchés venaient à offrir des niveaux d’investissement intéressants.
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Direction des gestions de portefeuille de LCL
Achevé de rédiger le 20 mars 2026
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