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Tourisme spatial : la nouvelle frontière

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Les grands acteurs de la tech américaine s’intéressent à un marché très particulier : le tourisme spatial. Global Market Insight l’a évalué à 827,2 millions de dollars en 2023 et le voit progresser de 36,5% entre 2024 et 2032.

Les innovations technologiques fleurissent dans l’aérospatiale, en particulier dans les systèmes de fusées réutilisables et le développement des engins spatiaux. Cerise sur le gâteau : des géants comme Blue Origin ou SpaceX se lancent dans une bataille sans merci pour améliorer leurs outils. Quel est l’état des lieux du tourisme spatial aujourd’hui ? Quel avenir pour ce secteur ? Les Européens sont-ils dans la course ? Pour quels investissements ?

Katy Perry en apesanteur

C’est pour l’instant un plaisir réservé à de rares happy few. Le tourisme spatial devient la nouvelle destination à la mode pour celles et ceux pouvant se le permettre. En avril 2025, l’artiste Katy Perry, accompagnée de 5 autres femmes, a pu profiter de 11 minutes dans l’espace à bord de la fusée New Shepard de Blue Origin, l’entreprise spatiale de Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon. L’objectif : décoller à plus de 100 kilomètres de la Terre et vivre une expérience en apesanteur. Le prix du billet est estimé entre 150 000 et 200 000 dollars

Pour le patron d’Amazon, il s’agit avant tout d’une opération de communication afin d’imposer Blue Origin comme leader en matière de tourisme spatial. Depuis sa création, l’entreprise en est à son onzième vol suborbital et près de 52 personnes ont déjà connu l’ivresse spatiale. Mi-novembre dernière, la firme a réussi un exploit technologique en faisant décoller sa fusée New Glenn et en récupérant ensuite son propulseur. Jeff Bezos se place ainsi en concurrence directe avec SpaceX d’Elon Musk pour devenir prestataire de la Nasa pour ses futures missions spatiales.

Un marché en pleine croissance

L’histoire du tourisme spatial n’est pas récente. Les séjours d’astronautes non professionnels démarrent dans les années 80. En 2001, l’Américain Dennis Tito séjourne une semaine à bord de la station spatiale internationale (ISS) et devient le premier civil dans l’espace, pour plusieurs dizaines de millions d’euros. Il faut attendre 2021 pour voir le boom du tourisme spatial et l’arrivée d’acteurs comme SpaceX, Blue Origin et Virgin Galactic. L’exploration de l’espace n’est plus l’apanage des gouvernements et des scientifiques. Selon les données de Global Market Insight, le tourisme spatial, évalué à 827,2 millions de dollars en 2023, devrait voir son marché progresser de 36,5 % entre 2024 et 2032.

Les maîtres de l’espace

En 2023, Virgin Galactic du milliardaire Richard Bronson, se lançait dans le tourisme spatial pour la somme de 450 000 euros. Depuis 2024, l’entreprise a mis ses vols en pause. Elle travaille à la construction de son futur vaisseau livrable en 2026, la classe Delta. L’avion pourra transporter jusqu’à 6 voyageurs contre 4 pour l’ancien modèle, Unity. La fréquence de vol devrait également se voir augmenter et passer d’une fois par mois à 2 vols par semaine. De quoi générer, selon l’entreprise, des revenus mensuels supérieurs à 22 millions de dollars, contre 1 million actuellement.

Ces informations semblent avoir plu aux investisseurs. L’action de la société spatiale Virgin Galactic (SPCE.N) a bondi en mai dernier de 24 %. Seule SpaceX n’a à ce jour pas tout à fait franchi la frontière du tourisme spatial. L’entreprise collabore activement avec la Nasa. Toutefois, en septembre 2024, la mission Polaris Dawn a permis au milliardaire Jared Isaacman, accompagné de deux employés de SpaceX et d’un pilote, d’effectuer une première sortie spatiale.

La France est en première ligne spatiale

En France, Toulouse s’est transformée en capitale de l’espace en novembre 2025 avec le premier Space Summit, autour du tourisme spatial. La métropole ambitionne de devenir le hotspot européen du tourisme dans l’espace. Toulouse accueille déjà 40 % des effectifs spatiaux français et un tiers des emplois européens du secteur grâce à la présence des sièges d’Airbus Defence & Space, de Thales Alenia Space, du CNES, du Commandement de l’Espace et du Centre d’excellence de l’OTAN.

La région Occitanie investit près de 30 millions d’euros pour soutenir les start-ups du New Space afin de développer des applications civiles et de défense en lien avec l’espace. À ce jour, seule une start-up française, Zephalto, se positionne sur ce marché. L’entreprise veut proposer pour 170 000 euros des vols en ballon à 25 kilomètres d’altitude, c’est-à-dire au niveau de la stratosphère pour admirer la courbure de la Terre.

Une industrie polluante

Ce dynamisme pose la question de la pollution générée par cette nouvelle forme de tourisme. Selon les travaux de l’économiste Lucas Chancel, pour chaque passager d’un vol, près de 429 tonnes de CO2 sont rejetées, dont 71 tonnes en émissions directes. Des calculs de chercheurs écossais font état d’un rejet équivalent à 6 millions de tonnes pour les émissions de CO2 de l’industrie spatiale mondiale. Sans parler des émissions liées à la fabrication des fusées, ou des particules de suies et d’alumines rejetées à chaque décollage, contribuant à réchauffer l’atmosphère en absorbant le rayonnement solaire.

Ces chiffres font craindre le pire sur le plan environnemental en cas de démocratisation de cette pratique. En France, ArianeGroup, tente de verdir le secteur à travers un lanceur doté d’une énergie au biométhane, un carburant moins polluant que le kérosène. De son côté SpaceX poursuit ses expérimentations pour des fusées réutilisables.