Le local devient incontournable
Demain, tous locavores, pour tout. Ce constat résulte de l’étude Media & Entertainment Pulse Poll pour Ernst & Young. Les expériences locales (48 %) et en direct (46 %) ont visé les achats de divertissement les plus populaires au monde au cours de l’année écoulée. Parmi ces personnes, 69 % d’entre elles se disent même prêtes à payer plus cher de la nourriture locale ou si le divertissement consommé sert l’économie locale (67 %). Le phénomène trouve ses racines après la pandémie de Covid-19. Si toutes les couches de la population sont concernées, les jeunes de la génération Z (nés entre 1997 et 2010) sont les plus préoccupés par ce sujet. Les villes, départements et régions l’ont bien compris.
Rares sont aujourd’hui les collectivités ne s’appuyant pas sur de vastes campagnes de marketing territorial où sont invités les locaux et les touristes à consommer en centre-ville, dans de petits magasins. À Toulouse, Corbeil-Essonnes ou Mulhouse, les citoyens se mobilisent pour sauver des librairies de quartier contre les géants de la grande distribution. Comme à Lille où, tout récemment, la librairie féministe « Les Affranchies » reste ouverte, grâce à un élan de solidarité de la part des clients. Ces derniers se sont mobilisés pour venir acheter en masse des livres et ont permis à l’établissement de réunir les 15 000 euros nécessaires pour tenir. Même constat pour les salles de cinéma de quartier survivantes grâce à la fidélité des habitants locaux.
Un marché à 40 milliards d’euros
Le secteur rassemblant le plus de locavores demeure celui de la nourriture. Comme le note le cabinet Xerfi, le marché des produits régionaux et locaux représente plus de 40 milliards d’euros. 55 % des ventes sont réalisées dans les commerces spécialisés (commerces de bouche, enseignes bio, réseaux multifrais, épiceries fines, supermarchés participatifs, sites d’e-commerce alimentaire) et 30% dans la grande distribution. Les TPE et PME de l’agroalimentaire profitent de la tendance.
La France compte plus de 1000 produits bénéficiant des labels SIQO (signes d’identification de la qualité et de l’origine). Fraises du Périgord, melon de Quercy, kiwi de l’Adour… autant d’indications censées rassurer le consommateur, voire l’attirer. Toutefois, il convient de vous renseigner sur la provenance exacte de certains aliments. C’est le cas par exemple des escargots de Bourgogne. Sur les 15 000 tonnes de gastéropodes consommés chaque année en France, 95 % d’entre eux proviennent des pays de l’est (Roumanie, Lituanie, Ukraine…), voire de Turquie.
Le prix, un frein important
Dans un sondage Ipsos réalisé à 2025 pour Leclerc, 4 Français sur 5 déclarent acheter des produits locaux. 64 % des sondés disent même accorder une importance à la consommation des produits régionaux, notamment, selon 64 % des sondés, en vue de soutenir les agriculteurs environnants. Mais le prix est un frein important à la consommation. Les produits locaux ou régionaux sont souvent plus chers. Ainsi, chez les personnes ayant diminué leurs achats de produits locaux, 78 % d’entre elles indiquent comme cause principale le prix. Des plateformes comme « mon panier de campagne » proposent néanmoins des packs de fruits et légumes locaux pas chers ou de la viande locale à un prix intéressant.
Des vêtements et meubles français
Le locavorisme déborde sur tous les champs de la société. Le voyage est lui aussi impacté avec l’émergence d’influenceurs spécialisés dans l’exploration du territoire français. C’est le cas d’Antoine de Suremain, et de son compte Instagram @Antoineexplorelafrance. Le jeune homme arpente la France et met en avant les paysages multiples et variés du pays. Assez hétéroclites pour voyager et s’émerveiller sans avoir à quitter le pays selon lui. L’influenceur possède près de 171 000 followers.
Même le textile est en train de vivre une petite révolution avec des vêtements produits en France à un coût maîtrisé. La marque Cocorico, permet d’acheter des t-shirts pour une vingtaine d’euros ou des sweats à 45 euros 100 % français. Ainsi, il est possible de concurrencer les marques de la fast fashion. L’entreprise Camif fabrique, elle, des meubles pas trop chers à partir de matériaux français ou européens, avec un bois certifié par le label Forest Stewardship Council (FSC). Le label promeut la gestion responsable des forêts.
Une tendance amenée à croître
La tendance vers le local devrait croître d’année en année. Selon une enquête menée par l’Institut Iri, 51 % des Français voudraient avoir plus de choix de produits locaux dans leurs magasins. De son côté, la fondation Jean Jaurès voit cette dynamique s’accentuer du fait de la hausse du coût de l’énergie et des transports. Notamment dans des régions où l’empreinte culturelle est forte comme l’Alsace, la Bretagne ou le Pays basque. À ce jour, les produits locaux représentent seulement 2 % du chiffre d’affaires total des produits de grande consommation.
Source : Application Actu Patrimoine – LCL Banque Privée, en partenariat avec Le Particulier.
