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Bande dessinée : de la passion à l’investissement

1 min

Au fil des ans, le 9ème art a gagné ses lettres de noblesse, au point que certaines œuvres affolent les compteurs.

Bande dessinée : de la passion à l’investissement

Les Français sont accrocs aux bulles ! Et pas seulement celles de champagne, mais aussi les phylactères, ces bulles contenant les textes des bandes dessinées (BD). Parmi les genres littéraires prisés des Français, la BD figure en bonne place. Le 9ème art y est très populaire, en témoigne le succès en librairie du 41ème tome d’Astérix - Astérix en Lusitanie - qui dépasse les 1,6 million d’exemplaires vendus. Il est vrai que la France est une nation phare de la discipline puisque certains des plus grands noms de la scène francophone sont français : Uderzo, Gotlib, Giraud/Mœbius, Graton…

« Madeleine de Proust »

Longtemps considérée comme un art mineur et cantonnée à la jeunesse, la BD est devenue ces dernières décentes un thème de collection et d’investissement.

« La BD est un marché de la nostalgie et de passionnés. »

«Ils achètent les œuvres qui ont bercé leur enfance, qu’ils lisaient avec leurs parents, sont à la recherche d’une émotion, ou à la suite d’un coup de cœur puisque cet art combine plusieurs formes d’expression artistique comme l’illustration - le dessin peut parfois se suffire à lui-même - et la narration » rappelle le bédéphile Daniel Maghen, à la tête de la galerie éponyme spécialisée dans la BD.

Les meilleurs artistes figuratifs contemporains

D’autres s’intéressent à la BD pour son aspect technique. « À l’instar des peintres, les dessinateurs de BD maîtrisent la lumière, la composition, le cadrage, l’encrage, des techniques anciennes comme le clair-obscur, fait remarquer celui qui est tombé dans la marmite de la BD à l’adolescence après avoir découvert Corto Maltese d’Hugo Pratt. Ce sont les dignes héritiers de grands maîtres de la peinture et les meilleurs artistes figuratifs contemporains ». Ainsi, Jean-Pierre Gibrat (L’hiver en été) ou Emmanuel Lepage (Les voyages d’Anna) - reconnu officiellement comme peintre de La Marine - ont pour référence Johannes Vermeer ou Le Caravage. Leur travail est très graphique, sans « bulle » et s’apparente à des tableaux. Pour le galeriste, « les couvertures de Thorgal de Rosinski, ou de XIII de William Vance sont de véritables peintures ».

Blueberry - Le cavalier perdu

« Blueberry - Le cavalier perdu - Couverture originale réalisée par Jean Giraud en 1968 adjugée 151 560 € »

Privilégier les originaux

L’une des spécificités du marché de la BD est d’être protéiforme. Certains privilégient les éditions originales des albums à tirage limité. Mais comme les pièces et les timbres, ils doivent être fleur de coin, c’est-à-dire en état neuf. D’autres leur préfèreront les dessins ou planches originales en couleur ou noir et blanc, avec ou sans texte, ou les couvertures encore plus rares. À la différence des albums, ces pièces sont uniques et ne peuvent être reproduites. « Les acquérir c’est posséder un morceau d’une œuvre sur laquelle l’artiste a passé du temps, posé ses mains, ses crayons et pinceaux, raconte Daniel Maghen. Cela correspond à un moment de sa vie ». Mais ce qui est rare est souvent cher. Et le marché de la BD ne déroge pas à la règle. En janvier 2021, le marteau de la maison Artcurial tombait à 3,2 millions d’euros pour la couverture de l’édition originale de l’album de Tintin Le Lotus Bleu de 1936, réalisée par Hergé à l’encre de Chine, aquarelle et gouache. C’est, à ce jour, un record mondial pour une planche de bande dessinée. Autre record mondial : le 9 janvier 2026, la maison Metropolis Collectives adjugeait l’un des 100 exemplaires du magazine Action Comics N°1 de 1938 dans lequel apparaît pour la première fois Superman pour… 15 millions de dollars !

Si les pièces des grands maîtres comme Hergé (Tintin), Franquin (Gaston Lagaffe, Spirou et Fantasio), Uderzo (Asterix), Peyo (Les Schtroumpfs)… sont considérées comme des valeurs sûres et peuvent atteindre des montants vertigineux, « il est possible de s’initier ou de compléter une collection avec des originaux pour quelques milliers d’euros », rassure Daniel Maghen qui propose dans sa galerie, aux côtés d’artiste confirmés comme Juillard, Ralph Meyer, Gibrat, nombre de planches et illustrations originales de dessinateurs en devenir comme Thimothée Montaigne, Corentin Rouge ou encore Daria Schmitt sans avoir à casser sa tirelire. L’important est avant tout de se faire plaisir, cela évite de cohabiter avec une œuvre qui a potentiellement vocation à garnir les murs de son salon…

Former son œil

Mais avant de se lancer, il est important de former son œil et d’apprendre à connaître le marché en poussant, entre autres, les portes des galeries spécialisées. « Cela présente l’avantage, contrairement aux musées, d’être gratuit, de voir les originaux sans encadrement, de les prendre en mains, d’échanger et de rencontrer des experts, voire des auteurs », indique Daniel Maghen. L’occasion, peut-être, de découvrir et d’acquérir les futurs grands du 9ème art. Il est aussi conseillé d’assister à des ventes aux enchères ou de faire des expositions. À ce titre, si le 9ème art ne dispose toujours pas de son propre musée, il y est de plus en plus accueilli. Et une fois le choix arrêté, et pour ne pas se retrouver avec un faux, il est recommandé de privilégier les salles de ventes et galeries reconnues, autant d’endroits où un certificat d’authenticité signé pourra être délivré.