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La Lettre de la Gestion sous Mandat

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Environnement économique mondial

Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines au début du mois, les tensions sont restées fortes en avril. Le blocage du détroit d’Ormuz s’est poursuivi et la variation des cours du pétrole a été marquée par une forte volatilité.

Le maintien des prix à un niveau élevé sur la durée interroge sur la dynamique de l’économie mondiale. Le Fonds Monétaire International a ainsi revu à la baisse (de 3,3 % à 3,1 %) ses prévisions de croissance mondiale pour 2026, les ramenant à celles présentées en octobre 2025. Le FMI anticipe par ailleurs une inflation mondiale à 4,4 % en 2026, avant un reflux à 3,7 % en 2027. Ce contexte a entraîné un changement de paradigme pour les principales banques centrales qui, si elles ont toutes opté pour le statu quo en avril, évoquent de plus en plus ouvertement une prochaine remontée de leurs taux directeurs.

Portés par les valeurs technologiques, les marchés actions ont semblé ignorer les incertitudes macroéconomiques. Plusieurs indices américains et asiatiques (les plus exposés au secteur des semiconducteurs notamment) ont ainsi atteint de nouveaux plus hauts historiques.

États-Unis : La résilience reste le maître mot.

Bien que les pressions inflationnistes soient une préoccupation majeure pour les ménages, la consommation, soutenue par des remboursements d’impôt plus généreux dans le cadre du « One Big Beautiful Bill Act », ne montre pas de signe d’affaiblissement. Le marché du travail, annoncé comme dégradé ces derniers mois, reste solide avec un taux de chômage stable à 4,3%. Dans cet environnement, la Réserve Fédérale américaine (Fed) a décidé de maintenir ses taux inchangés.

L'économie américaine confirme sa vigueur, comme en témoignent les derniers chiffres d’activité et les anticipations de croissance du FMI à + 2,3 % pour 2026. En dépit d’une inflation hors biens d’alimentation et énergie en progression à 3,2 % sur un an et d’un niveau de confiance des consommateurs proche de ses plus bas historiques, les ventes au détail ont progressé le mois dernier. Les ménages américains ont en effet profité de remboursements d’impôts plus élevés que l’an passé, ce qui leur a apporté un soutien significatif face à la flambée des prix de l’énergie. Le marché du travail demeure robuste, malgré des signaux parfois contradictoires, avec un taux de chômage stable à 4,3%.

Dans cet environnement, la Fed a maintenu ses taux directeurs dans leur fourchette actuelle (3,50% - 3,75%). Bien que la majorité des membres reste en faveur du biais accommodant, aucune baisse n’est désormais anticipée pour 2026.

Cette réunion était la dernière présidée par Jerome Powell ; son successeur, Kevin Warsh, a assuré qu’il agirait en toute indépendance, sujet majeur pour la crédibilité de l’institution.

Zone euro : La Banque Centrale Européenne (BCE) face à un dilemme.

Les tensions inflationnistes liées au choc énergétique continuent de peser sur l'économie de la zone euro. Dans le même temps, la croissance a ralenti au premier trimestre. Seuls les chiffres de l’emploi ont été révisés positivement avec un taux de chômage en légère baisse. Dans un environnement complexe, la BCE a décidé de maintenir ses taux inchangés, mais évoque dorénavant ouvertement la possibilité d’une hausse des taux lors de sa prochaine réunion.

L’inflation ressort en forte hausse au mois d’avril, désormais à 3,0% (contre 2,6% en mars et 1,9% en février), notamment à cause de la progression significative des prix de l’énergie (+ 10,9%). Face à cette flambée des coûts énergétiques qui renchérit les importations, la Commission Européenne a publié le plan "AccelerateEU" afin d’accélérer la transition énergétique.

Les pressions sur les prix se sont intensifiées en avril, provoquant une chute de la consommation des ménages qui est retombée à ses niveaux de 2022. Les consommateurs de la zone euro ont revu à la hausse leurs anticipations d'inflation tandis que les banques ont durci les conditions d'accès au crédit.

La croissance du PIB au premier trimestre n’a été que de + 0,1%, ramenant les anticipations pour 2026 de + 1,3% à + 0,8%.

Sur le front de l'emploi, les données publiées montrent un taux de chômage stable à 6,2%.

La BCE a décidé de maintenir ses taux directeurs inchangés, avec un taux de dépôt à 2%, tout en reconnaissant une intensification des risques qui pèsent à la fois sur l'inflation et sur la croissance. Si le spectre de la stagflation est pour l'instant écarté, l'institution ouvre la porte à une hausse des taux dès juin.

Asie : Des indicateurs d’activité bien orientés en Chine. L’inflation et la monnaie au cœur des préoccupations au Japon et en Inde.

L'économie chinoise a affiché une croissance supérieure aux attentes au premier trimestre. Au Japon, la banque centrale a relevé ses prévisions d'inflation et abaissé celles de croissance, tout en maintenant ses taux inchangés. L'Inde, quant à elle, concentre ses efforts sur le soutien de la roupie.

En Chine, le PIB a progressé de 5 % au premier trimestre, dépassant les attentes (+ 4,8 %), alors que les autorités avaient revu le mois dernier à la baisse l’objectif de croissance pour l’année (entre 4,5 % et 5,0 %). Cependant, la dégradation du marché du travail se confirme et la morosité des ménages reste palpable, comme l'illustrent des indicateurs de consommation décevants et une demande de crédits très faible.

Au Japon, la faiblesse de la monnaie bénéficie à une économie dont les derniers indicateurs d’activité sont positifs. Si la banque centrale a maintenu ses taux inchangés (à 0,75%), les signes d’une pression inflationniste sont visibles. L'institution a ainsi nettement relevé ses anticipations d'inflation pour l'exercice 2026 (de 1,9% à 2,8%) tout en abaissant ses prévisions de croissance (de + 1% à + 0,5%).

En Inde, par rapport à fin février 2026, les réserves de change du pays ont chuté de plus de 30 milliards de dollars (- 4%). En réponse, la banque centrale a annoncé de nouvelles mesures afin de soutenir sa monnaie, sans toutefois modifier sa politique monétaire dans une économie qui reste soutenue par la demande interne.

ACTIONS

Les annonces de cessez-le-feu et une saison de résultats globalement solides ont permis un net rebond des marchés actions. Les actions mondiales (MSCI ACWI) ont progressé sur le mois de 10,2% en dollars, ramenant sa performance depuis le début de l'année en territoire positif.

Wall Street a choisi d'ignorer les risques géopolitiques, pariant sur un apaisement durable. Les grands indices américains ont enchaîné six semaines de hausse pour atteindre de nouveaux sommets. Le S&P 500 a gagné 10,42% en avril, tiré notamment par les semi-conducteurs (l'indice SOX a enregistré une série record de 18 séances de hausse) et par le secteur de l'énergie. La saison des résultats, bien que non terminée, s'est avérée positive avec plus de 80% des entreprises dépassant les attentes de bénéfices. L'incertitude demeure toutefois autour de l'intelligence artificielle, où les investissements colossaux interrogent toujours les investisseurs sur la rentabilité future.

En Europe, le bilan est également positif mais moins spectaculaire. L’Euro Stoxx 50 progresse de 5,60% soutenu par l’énergie, par la technologie et par les banques. La saison des résultats est plus contrastée avec environ 50% des publications meilleures qu’attendu.

En Asie, les marchés ont atteint de nouveaux records, notamment au Japon (Nikkei : + 16,10%) et en Corée du Sud (Kospi : + 30,61%), où la hausse a été portée par les valeurs technologiques.

TAUX

Le mois d’avril s’est distingué par une dynamique en deux temps sur les marchés de taux, principalement sous l’influence des évolutions géopolitiques et de leurs répercussions sur les anticipations d’inflation.

Dans un premier temps, l’annonce d’un cessez-le-feu fin mars avait favorisé une détente généralisée sur les marchés obligataires. Le rendement du taux à 10 ans américain avait ainsi reculé d’une dizaine de points de base pour revenir autour de 4,20% tandis que le taux allemand à 10 ans s’établissait à 2,90%. Parallèlement, les écarts de crédit s’étaient resserrés, témoignant d’un regain de confiance des investisseurs.

Par la suite, la persistance des tensions au Moyen-Orient a ravivé les craintes inflationnistes. Dans ce contexte, les grandes banques centrales ont maintenu le statu quo sur leurs taux directeurs tout en affichant un biais plus restrictif, particulièrement du côté de la BCE. Ceci a contribué à une remontée des taux en fin de mois ; ceux-ci ont ainsi clôturé à des niveaux proches de ceux observés fin mars (3,03% pour le taux allemand à 10 ans et 4,37% pour le taux américain à 10 ans).

Chiffre clé

725 milliards.
C’est, en dollars, le niveau des dépenses d’investissement cumulés attendues en 2026 pour les 4 géants américains de la Tech : Alphabet, Amazon, Meta et Microsoft.