Un véritable problème de santé publique : aujourd’hui, en France, environ 20 millions de personnes, soit 30 %(1) de la population, habitent dans une zone définie comme « désert médical ». Et si cette pénurie de professionnels, dont on parle depuis 20 ans, a d’abord été cantonnée aux campagnes, elle touche désormais les villes, et plus particulièrement les agglomérations suitées autour de Paris.

Plus généralement, selon le dernier Atlas de démographie médicale, une étude publiée chaque année par le Conseil National de l’Ordre des médecins, la densité de médecins généralistes a fortement diminué ces dix dernières années, en raison d’une part de la baisse des effectifs de médecins généralistes et, d’autre part, de l’augmentation de la population. Elle est ainsi passée de 141 médecins généralistes pour 100 000 habitants en 2010 à 119,7 médecins généralistes pour 100 000 habitants au 1er janvier 2023(2).

De son côté, la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees)(3) assure que la profession a connu le départ de 500 professionnels, pour arriver à un nombre de 99 500 médecins généralistes en activité au 1er janvier 2023.

Une situation qui ne risque pas de s’arranger

Toujours selon la Drees, si le nombre de médecins devrait fortement augmenter à partir de 2030 (+1,7 % de croissance annuelle moyenne des effectifs entre 2030 et 2050), compte tenu de l’augmentation et du vieillissement de la population, la densité médicale ne retrouvera son niveau de 2021 que vers… 2032. Interrogé sur France Inter en mai dernier(4), François Braun, le ministre de la Santé, confirmait ces projections : « La vérité, c'est qu'on n'aura pas plus de médecins avant dix ans. Et si la France forme davantage de médecins, cela reste insuffisant, même si nous accélérons d'année en année ».

En attendant, et sans surprise, près de 80 %(5) des médecins généralistes jugent aujourd’hui insuffisante l’offre de médecine générale dans leur zone d’exercice. Début 2022, 78 % d’entre eux dévoilaient « ne pas être assez nombreux sur leur territoire », alors qu’ils étaient 67 % en 2019. Une évolution principalement liée à l’augmentation marquée de la part des médecins jugeant l’offre « très insuffisante », qui est passée de 22 % en 2019 à 34 % en 2022.

Conséquence : en 2022, deux tiers (65 %) des médecins déclaraient « être amenés à refuser de nouveaux patients » comme médecin traitant, un chiffre là aussi en très forte hausse par rapport à 2019, où ils n’étaient « que » 53 % à agir de la sorte. « La part de médecins amenés à suivre moins régulièrement certains de leurs patients est, quant à elle, passée de 40 % en 2019 à 44 % en 2022 » ajoute la Drees.

L’aménagement du territoire, une des réponses à la désertification médicale

L’aménagement du territoire est un facteur non négligeable de la désertification médicale. En effet, on constate que les régions les moins dotées en équipements et autres infrastructures (gares, commerces, activité économique et culturelle, etc.) sont aussi celles qui ont le plus de mal à attirer les médecins généralistes, par ailleurs fermement opposés à toute régulation de leur liberté d’installation.

Pour y tenter d’y remédier, une multitude de mairies, de communes et de départements ont décidé de salarier eux-mêmes des professionnels de santé. C’est par exemple le cas du département de Saône-et-Loire qui salarie une soixantaine de médecins généralistes. En Aveyron, les élus locaux ont de leur côté mis en place différentes mesures autour des jeunes médecins, des remplaçants et des internes pour les accueillir, les aider à trouver un logement, à se déplacer, etc.

Une réponse au coût important que représente l’installation d’un médecin libéral : entre la location (ou l’achat) d’un cabinet et de son mobilier, d’une voiture, de matériel médical, de matériel bureautique, d’une patientèle, mais aussi la souscription aux assurances obligatoires, il peut très vite grimper.

Bon à savoir

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Des aides à l’installation pour les professionnels de santé

Les pouvoirs publics ont mis en place différentes aides à l’installation pour les professionnels de santé désirant s’installer dans les zones déficitaires en offre médicale.

Le contrat d’aide à l’installation des médecins (CAIM)

Le contrat d’aide à l’installation des médecins (CAIM) se matérialise sous la forme d’un forfait de 50 000 € maximum (sauf cas particulier de majoration) versé en deux fois (50 % à l’installation et 50 % au bout d’un an), pour une activité minimale de 4 jours par semaine. Le montant de l’aide décroît si la durée de l’activité est réduite : 43 750 € pour 3 jours et demi, 37 500 € pour 3 jours et 31 250 € pour 2 jours.

Le contrat de solidarité territoire médecin (CSTM)

Autre possibilité, le contrat de solidarité territoire médecin (CSTM).

Son but ? Inciter les médecins installés dans une zone non tendue à consulter une partie du temps en zone sous-dotée. 

Comment ? En majorant leurs honoraires de 25 % (dans la limite de 50 000 € par an) lorsqu’ils exercent en zone sous dotée, et en prenant en charge leurs frais de déplacement.

En cas de majoration par l’ARS (pour les zones particulièrement déficitaires en médecins), cette aide peut s’élever à 27 % maximum, dans la limite de 60 000 € par an.

Bon à savoir

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(1) Source : Sénat.
(2) Source : Conseil National de l’Ordre des Médecins.
(3) Source : DREES.
(4) Source : France Inter.
(5) Source : DREES.